Ma voie, ma voix

Croquis réalisé par le dessinateur Benjamin Flao au Bhoutan, lors de mes interviews d’acteurs du BNB. Novembre 2015
D’où vient ma passion pour la radio ? Je ne saurais le dire. Mais plus je grandis d’expériences sur les ondes, plus j’arrive à cerner ce je ne sais quoi : les voix, nos voix, détachées du reste, qui défient l’espace temps pour nous apporter un tas d’émotions et révélatrices de la complexité du monde, chacune à leur manière. Petit à petit ma voie vers le journalisme radio s’est tracé. Un stage à 16 ans à Radio Campus Grenoble me propulse dans cette vaste onde nomade, telle une toile d’araignée que je tricote lentement à travers mes études à Science Po, pour finir diplômée d’un master de journalisme. Cette petite voix dans ma tête qui souffle que ce micro qu’on m’offre à mes 19 ans fera partie de moi presque dix ans plus tard. Mon moteur ? Les gens, l’autre, l’altérité, Toi, dont découlent une vie, une histoire, une mémoire, une sensibilité, un présent et un futur. Un autre à l’instant T qui livre son témoignage, et qui changera demain par son chemin emprunté.

Deux rencontres vont étoffer ma passion : en 2014 Antoine Lefébure, figure de mai 68 qui m’emmène revisiter l’histoire des radios libres, et Jean-Luc Aplogan, en 2015, correspondant de RFI au Bénin qui m’offre une place dans sa nouvelle radio à Cotonou. Puis, rejoignant ma ville natale, fraîchement diplômée, Maxime Barral Baron, alors directeur, me donne les clés de la radio locale RCF Isère. Pendant deux ans, cette expérience grenobloise va me forger aux voies tourmentées du journalisme local : raconter le monde tel qu’il est, sans avoir le temps de le comprendre. En parallèle, des rencontres, qui me permettent, micro en main de découvrir les gens de ce monde : Ramin Mazur le photographe moldave et mon interprète en Gagaouzie (Moldavie), Hélène Jullien, rédactrice en chef de Faim et Développement qui me guide au Bénin vers une association d’aide aux femmes et enfants démunis, Christophe Chevalier, ouvrier d’une usine iséroise devenu leader d’une lutte en proie aux incompréhensions du capitalisme. Méthodes de la présentation, de l’interview, du reportage, du montage et de la technique en poche, je décide en septembre 2016 de continuer ma voie, en tant que journaliste indépendante.

Aujourd’hui, je souhaite porter la parole d’ici ou de la bas, entre ateliers radio dans collège de quartier populaire et reportages au grand large : en Gagaouzie pour découvrir un peuple insolite, au Ghana pour suivre les jeunes, acteurs de leur Afrique de demain mais aussi dans les plaines rurales où continue de travailler un facteur après 30 ans de métier. Traverser les mondes, être un passeur de nos errances ou de nos présences, rendre intelligible ce qu’on ne comprend plus, tendre le micro à tous ceux qui restent et resteront dans l’ombre, mon métier de journaliste est aussi le métier de l’écriture et de la photographie. Pour vivre de ce métier il faut avoir plusieurs cordes à son arc (Le Monde Diplomatique, Revue Faim et Développement, Reporterre… et d’autres à venir.). Ci-dessous je me présente sous mes différentes facettes qui ne raconte qu’une histoire : celles de nos vies.


Mon parcours

Bien avant d’être étudiante à l’IEP de Grenoble pendant 5 ans (de 2009 à 2014) je découvre le monde des ondes à Radio Campus Grenoble. Un stage à 16 ans puis près de 8 ans de bénévolat radiophonique « touche à tout ». Spécialisation en master de journalisme ( France Inter, RFI Service Afrique, Frisson Radio au Bénin). Réalisation d’un mémoire sur les radios libres et d’un webdoc autour des couples atteints de la maladie d’Alzheimer.

En septembre 2014 : CDI à RCF Isère (Grenoble). Seule journaliste de la radio : journaux hebdomadaires d’information locale (12 minutes), des interviews d’invités hebdomadaires et du reportage social et solidaire (entre 5 et 25 minutes). En parallèle, création de deux émissions : sur l’actualité internationale en format table-ronde (Alternance : pour prendre le pouls du monde), sur les petites mains de la solidarité grenobloise en format grand reportage (Les coulisses de la solidarité).

Depuis septembre 2016, je suis journaliste indépendante, basée à Grenoble. Je cherche l’équilibre entre le journalisme hyper local dans un quartier populaire, la Villeneuve de Grenoble et le grand reportage à l’étranger. En parallèle de piges écrites (Le Monde Diplomatique, Revue Faim et Développement) et radiophoniques (RFI, RTS, RCF), j’anime un atelier radio au collège Lucie Aubrac, je travaille pour le journal local Le Crieur de la Villeneuve, que j’allie avec du reportage à l’étranger pour des commandes ou des envies de reportages (Bénin, Moldavie, Ghana).

Mon CV

Ma voix sur les autres continents

Le bonheur national brut En novembre 2015, l’ONG CCFD Terre-Solidaire me propose de suivre une délégation française au Bhoutan, pour une conférence internationale sur le fameux BNB. A écouter ici

Le passé de l’esclavage en Afrique de l’Ouest Particulièrement attachée à l’histoire coloniale, reportage au Bénin sur la route des esclaves (septembre 2016) et prochainement au Ghana pour revenir sur les traces du panafricaniste Nkrumah (août 2017)

La Gagaouzie En janvier 2017 je pars en Moldavie sur une commande de la Radio Chrétienne Francophone (RCF à Lyon) et RFI. Découverte de la Gagaouzie, territoire autonome du sud du pays où vivent les Gagaouzes : des chrétiens orthodoxes aux origines turques et de langue russe. Projet d’y retourner pour un travail documentaire autour de ce territoire oublié aux enjeux géopolitiques majeurs, situé entre la Turquie et la Russie.

Mes rencontres

Antoine Lefébure Historien des médias, figure majeure de 68, nos routes se croisent pour mon mémoire sur les radios libres en 2012. Dans une belle confiance, Antoine me propose d’écrire à plusieurs mains un ouvrage sur Edward Snowden, lors de l’actualité autour du lanceur d’alerte. En sortira en février 2014 : « Edward Snowden, comment les Etats-Unis espionnent les monde. »

Acteurs de l’ESS  Après un premier stage en 2010 à Alternatives Economiques mon intérêt grandi pour le monde de l’ESS (économie sociale et solidaire), à ses débuts. Je réalise des stages dans les rares médias spécialisés (Interdépendances, Youphil.com), avant de décider de me professionnaliser en radio. Deux ans de reportages, interview et actualités solidaires à RCF Isère me permettent aujourd’hui de bien connaître ce vaste monde, « alternatif » pour les uns « utopique » pour d’autres.

Christophe Chevalier : ouvrier de la vallée du Grésivaudan En mars 2016, l’usine Ecopla, dernière fabricante de barquettes en aluminium en France était en liquidation judiciaire. Des salariés se sont mobilisés plus d’un an pour reprendre leur usine en Scop, l’un des ouvriers Christophe Chevalier en tête de la lutte. Une affaire à rebondissement que j’ai suivi pendant un an, micro en main.

Amzat Boukari: le panafricanisme d’aujourd’hui La rencontre avec ce jeune historien docteur de l’EHESS en 2016 m’a poussé à commencer un travail de recueil de témoignages autour de l’histoire du panafricanisme ou comment penser l’Afrique unie en 2017, au regard du combat de grands militants africains. Projet de me rendre au Ghana pour suivre des jeunes africains qui incarnent la relève du panafricanisme.

La Villeneuve : témoigner d’un quartier populaire Comment parler des composantes d’un quartier en refusant les archétypes ? Pas facile, sinon d’essayer d’y passer du temps, d’y croiser les jeunes, les femmes, les familles, les vieillards souvent issus de l’immigration et recueillir ses paroles, trop souvent oubliées.

Ramin Mazur Photographe moldave de renom, Ramin a été mon traducteur en Moldavie et Gagaouzie. Envie d’un projet collectif pour retourner, en photo et en son, en Gagaouzie.

Ben, facteur en milieu rural Au détour du chemin, s’arrêter sur chaque rencontre qui donne du sens au métier de journaliste, et qui fait sortir du jus de l’actualité tout en approchant les problématiques de la société.

Chercheuse de sens

En donnant la parole à tout ce petit monde qui « fait le monde »

En voyageant avec humilité pour s’imprégner des cultures et comprendre ce que c’est « qu’être étranger ailleurs ». Projet Ghana Août 2017, Projet Moldavie 2017

En prêtant mes compétences de quêteuse de sons et de témoignages à des musées ou des associations qui souhaitent faire une place au son égale à celle de l’image.

En allant à la rencontre des personnes âgées de notre société, trop souvent laissés de côté pour récolter leur mémoire et apprendre de leur histoire. Projet Commémoration des JO 1968/2018 à Grenoble

Et d’étonnement!

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